Vu et approuvé : Les enquêtes de Murdoch – Saison 11


Spoiler alert : l’avis contient des informations sur le déroulement et le final de la saison.

Avis

Que de changements depuis la première saison ! Si le générique n’a pas bougé d’un poil, la série a, quant elle, fait du chemin, et s’impose comme l’une des meilleures créations canadiennes. Série n°1 dans son pays d’origine, Les enquêtes de Murdoch (Murdoch Mysteries) se vend internationalement et gagne des fidèles à chaque nouvelle saison. Elle est devenue, au fil des ans, une série incontournable, reconnaissable au premier coup d’œil grâce à son identité visuelle et scénaristique.

Ce dimanche, France 3 dégaine la 11ème saison. Une diffusion qui s’étalera sur neuf semaines, à raison de deux inédits chaque dimanche. Et vous ne serez pas déçus ! Attention, le programme s’annonce dense, tant policièrement qu’émotionnellement.

Des enquêtes inspirées. Shaftesbury place la barre encore plus haute que les années précédentes. Entendons-nous bien : TOUTES les enquêtes menées par William Murdoch sont bien senties. Mais cette année encore, les scénaristes se sont surpassés. Avec leur coup de crayon aiguisé, ils donnent vie à des idées de génie. Murdoch Mysteries XI, c’est mieux que Murdoch Mysteries X, qui était déjà meilleure que Murdoch Mysteries IX, elle-même d’un niveau supérieur à Murdoch Mysteries VIII, et ainsi de suite. Bref, les auteurs signent des affaires pointues et originales, toujours aussi proches de l’Histoire canadienne et torontoise. Ils évoquent ainsi les avancées techniques et scientifiques (et s’en servent à bon escient), la foi, le poids des religions, le sport, l’œnologie et l’alcool, le racisme, les mœurs torontoises du début du XXème dans leur ensemble, sans prendre de pincettes. Ils plongeront également le spectateur dans des univers méconnus, tels que le monde des sourds et des aveugles ou le temple de l’art. De belles leçons de tolérance. Ils lui feront aussi découvrir des sports peu connus. Pas le temps de s’ennuyer !

Une prouesse artistique. Si un épisode sort de l’ordinaire, c’est bien le septième, intitulé sobrement The Accident. Pas d’ellipse. Tout se passe en temps réel. L’écriture est excellente. L’épisode ne souffre d’aucun temps mort ! Il est dense, et un poil plus stressant que les autres. Il faut dire que les acteurs parviennent à faire passer, avec brio, des émotions fortes. Cette fois, la victime est vivante, mais pour combien de temps ? Là est la prouesse : réussir à tenir en haleine le public pendant 45 minutes, le tout avec une atmosphère pesante et où les actions ne se bousculent pas au portillon.

Des changements de taille. Coup de tonnerre à la Station House No.4 ! Jackson n’est plus. Si le premier épisode fait planer le doute sur le destin d’autres personnages, le voile se lève assez vite. Mais plus rien ne sera jamais comme avant. Les failles, mises en lumière au cours de la saison 10, se pointent régulièrement. Sortez vos mouchoirs, vous risquez d’en avoir besoin. Par ailleurs, Miss James quitte la morgue et s’installe à son compte, dans la banlieue de Toronto. Sa remplaçante, Miss Hart, ne joue pas franc jeu. La future médecin (légiste, peut-être) serait-elle une menace ? Autre point fort de cette 11ème salve d’épisodes, une nouvelle en réjouira plus d’un. Après tant d’efforts et de déconvenues, un nouveau venu, tant attendu, s’annonce enfin : le baby Murdoch. Un tournant amorcé dès l’épisode 4. Fille ou garçon, qu’importe, le couple phare de la série devra composer avec de nouvelles responsabilités. Parents modernes en vue ! En attendant, Murdoch doit supporter les sautes d’humeur de sa femme, et ce n’est pas triste !

Du rire, des larmes, de la tension. L’humour sera bel et bien au rendez-vous, par l’intermédiaire de scènes finement écrites. Attendez-vous à être pris d’un fou rire incontrôlable lors de la découverte de ces inédits. Ou à fondre devant l’amour, les flirts, les aspects coquins dévoilés des personnages principaux et secondaires. Mais ne croyez pas que tout est rose. Vos yeux seront tentés de s’humidifier par moment… Le podium est complété par la tension narrative : comme les scénaristes sont particulièrement inspirés, ils malmènent sans vergogne leurs personnages, et le public par la même occasion. Frissons garantis ! Ils offrent malgré tout une pause hivernale avec le Christmas special. Une parenthèse de courte durée, puisque les crimes se multiplient à Toronto. Parfois, les choses ne se déroulent pas sous leurs meilleurs hospices. Les épisodes finaux sont intenses émotionnellement. Épisodes qui, d’ailleurs, sont sans doute les meilleurs de la saison, voire même de la série, avec une préférence pour le 1117 (Shadows are Falling). Ils font ressortir tant le talent indiscutable des acteurs (Yannick Bisson et Hélène Joy, particulièrement), tant le brio des scénaristes, ainsi que toutes les facettes des personnages, que ce soit leur force ou leurs faiblesses. Alors, happy end ou pas ? Réponse le 14 octobre. Parce que tant que rien n’est joué, tout peut arriver. Tout. Même le pire…

18×45 minutes + 1×120 minutes (Home for Holidays) + 6×3 minutes (The Book of Jackson)

Créateurs : R.B. Carney, Cal Coons, Alexandra Zarowny, d’après les personnages des romans de Maureen Jennings
Réalisateurs : Don McCutcheon, Laurie Lynd, Alison Reid, Harvey Crossland, Eleanore Lindo, Gary Harvey, Megan Follows, Sherren Lee, Peter Mitchell
Scénarios : Peter Mitchell, Simon McNabb, Paul Aitken, Dan Trotta, Natalia Guled, Mary Pedersen, Lori Spring, Robert Rotenberg, Maureen Jennings
Production : Shaftesbury

Distribution principale

Yannick Bisson (William Murdoch)
Hélène Joy (Julia Ogden)
Thomas Craig (Thomas Brackenreid)
Jonny Harris (George Crabtree)
Daniel Maslany (Llewellyn Watts)
Lachlan Murdoch (Henry Higgins)
Arwen Humphreys (Margaret Brackenreid)
Charles Vandervaart (John Brackenreid)
Mouna Traoré (Rebecca James) – ép. 1 et 2
Shanice Banton (Violet Hart) – ép. 4 et suivants
Erin Agostino (Nina Bloom)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *