UNICEF : un enfant sur cinq en conditions précaires


3 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France. Un chiffre jamais atteint. L’association humanitaire pour l’enfance tire la sonnette d’alarme.

30 000 enfants sans domicile, 9000 vivant dans les bidonvilles, 140 000 écoliers décrochant du système scolaire, c’est ce que révèle le dernier rapport de l’UNICEF. L’association humanitaire, qui promeut les droits et le bien-être des enfants dans le monde, ne se contente pas de ce constat. Elle dresse aussi une liste de recommandations.

L’UNICEF a publié, hier, un rapport alarmant sur les conditions de vie des enfants en France. Avec ses partenaires, le Fonds des Nations unies pour l’enfance présente des éléments d’analyse afin de venir en aide aux enfants et adolescents en France. “Chaque enfant compte. Partout, tout le temps.” Le leitmotiv revient sans cesse dans les cinquante-deux pages du rapport rendu au Comité des droits de l’enfant de l’ONU. L’organisation s’alarme du non-respect des droits infantiles. Aujourd’hui, plus de 3 millions de mineurs vivent, avec leur famille, sous le seuil de pauvreté*. Ce qui correspond à un jeune sur 5.

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L’organisation met en avant 36 recommandations à destination du gouvernement classées en dix catégories. Parmi les propositions, cinq apparaissent comme des mesures phares. Elles concernent le logement, l’éducation, les droits des enfants, la discrimination et la prévention.

Dans un premier temps, l’UNICEF préconise la fin du système d’hébergement d’urgence et des recours aux nuits dans les chambres d’hôtel pour les familles sans domicile. L’objectif étant d’appliquer la politique du Droit au logement opposable (DALO). Ainsi, les enfants grandiraient sereinement auprès de leur famille.

L’association se concentre ensuite sur l’éducation. Elle demande à la France d’assurer un accès égal à l’éducation à tous les enfants, avec une attention particulière concernant les enfants vivant en bidonvilles, les mineurs isolés, les enfants en situation de handicap, en conformité avec la législation en vigueur en France et dans le plein respect de la Convention relative aux droits de l’enfant. Dans ce volet, l’Observatoire des zones prioritaires (OZP) souligne que “l’éducation prioritaire refondée n’est plus dans la logique du donner plus à ceux qui ont moins mais dans la logique d’en faire plus et mieux pour ceux qui sont menacés par la relégation sociale.”

Par ailleurs, l’organisme recommande la formation des personnels de l’Éducation nationale à la connaissance et à la mise en oeuvre des droits de l’enfant. L’UNICEF teint à ce que soit intégré les droits de l’enfant dans les programmes scolaires afin que chaque enfant puisse, à chaque année de sa scolarité, aborder les principes et les enjeux portés par la Convention relative aux droits de l’enfant et les mettre en oeuvre au sein même de l’école.

Le rapport suggère également de mettre en place des campagne de communication pour le grand public et des outils pédagogiques déconstruisant les stéréotypes à l’égard des enfants et familles vivant en bidonville, que UN-Habitat définit comme “une zone urbaine très densément peuplée, caractérisée par un habitat inférieur aux normes et misérable“. Cinq critères les caractérisent : l’accès inadéquat à l’eau potable, l’accès inadéquat à l’assainissement et aux autres infrastructures, la mauvaise qualité des logements, le surpeuplement, et le statut précaire de la résidence. Sans oublier les sanctions vis-à-vis de toute forme de stigmatisation et de discrimination des élus de la République à l’égard des populations en bidonvilles. En 2010, le Parlement européen qualifiait de “discrimination fondée sur la race et l’apparence ethnique” les mesures de renvoi de Roms.

Enfin, l’organisation humanitaire estime nécessaire de développer et de généraliser des lieux d’écoute et de prévention pour les adolescents et leurs familles sur l’ensemble du territoire, y compris la diffusion de campagnes de prévention du suicide à grande échelle et de manière plus ciblée, en direction du grand public, mais aussi des enfants et adolescents.

* 1069 euros par mois pour une famille avec deux enfants de moins de 14 ans, d’après les chiffres de l’INSEE – 2014.

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