Télévision : Murdoch Mysteries XII, welcome back, Murdoch!


Spoiler alert : l’avis contient des informations sur la fin de la saison 11 et le début de la saison 12.

Nouvelle saison, nouveau départ ! Après les heures sombres de la onzième saison, la nouvelle slave d’épisodes débute sous le soleil printanier de Toronto. Un Season Premiere coloré, où le charme et l’humour dominent. Si Murdoch Mystery Mansion annonce une saison plus posée que la précédente, les auteurs ont bien des surprises sous leurs chapeaux. De quoi tenir les Murdochians en haleine tous les lundis sur CBC.

Alors que William Murdoch et Julia Ogden découvrent enfin leur nouvelle maison, dessinée par le célèbre architecte Frank Lloyd Wright, un homme meurt dans une explosion à l’intérieur même de la bâtisse…

C’est reparti pour un tour ! Hier soir, CBC lançait, sous d’excellents hospices, la douzième saison de Murdoch Mysteries. Et quel lancement ! Un ton plus léger a pris le dessus, laissant ainsi de côté le poids des drames passés : la fausse couche de Julia et leur brève séparation en fin de saison dernière (oubliez les réponses aux questions en suspens, cela ne semble pas à l’ordre du jour, du moins pour le moment). Le couple phare de la série reconstruit sa vie en emménageant dans leur maison. Une première maison, Julia enfourche une bicyclette pour la première fois à l’image (elle marche à côté d’ordinaire, notamment dans le pilote de Murdoch Mysteries, 101 – Power), un premier dîner en présence d’un invité (George Crabtree himself), un épisode “premières fois” qui ravit le plus grand nombre, d’autant que de nouvelles arcades narratives ont été lancées : Julia suit des études de chirurgie tout en travaillant à la morgue, Miss Hart lorgne sur le poste de médecin légiste (et aussi sur le Detective), Higgins se case et annonce son prochain mariage, et Brackenreid se rebelle. Murdoch Mystery Mansion peut être vu comme l’épisode du renouveau. Cela insuffle un vent de fraîcheur sur la série, qui ne s’en portera que mieux, elle qui était déjà d’une qualité impressionnante, grâce aux talentueux scénaristes travaillant sur la série. L’écriture est plus légère, mais elle n’épargne pas pour autant les protagonistes. Ce début de saison laisse du répit aux héros, promet un avenir radieux, une saison moins dramatique, mais cette accalmie durera-t-elle ? Les épisodes suivants apporteront un début de réponse, à moins que le Special Halloween, fin octobre, soit un mauvais tournant…

Un lien avec les saisons passées. Depuis leur mariage, les Murdoch devaient avoir leur propre maison, l’hôtel devant être une résidence temporaire. Un temporaire qui s’achève enfin ! Les auteurs ont donc imaginé une pendaison de crémaillère particulière et surprise, au sein d’une maison moderne pour ce début de siècle. Comme cadeau de bienvenue, les nouveaux propriétaires ont été accueillis par un cadavre en morceaux ! Après les corps enterrés dans leur terrain (1013 – Mr. Murdoch’s Neighbourhood, ndlr), le corps déchiqueté dans le placard. L’emménagement des tourtereaux est quelque peu perturbé, mais l’attitude positive de Julia prend le dessus, entraînant William dans son sillage, le sceptique du couple, une fois n’est pas coutume. La visite de la demeure tourne court, mais des allusions aux plans de Murdoch sur la maison de leurs rêves (907 – Summer of ’75, ndlr) sont dispersées çà et là, notamment lorsque Murdoch essaie de comprendre comment un cadavre a pu se retrouver dans le micro-ondes tout droit sorti de sa tête. Micro-ondes qu’évoquait déjà l’agent Crabtree au cours de la troisième saison, initialement diffusée sur Citytv (313 – The Tesla Effect, ndlr).

Une reconstitution moderne des années victoriennes. La bâtisse où vivront désormais Murdoch et Ogden est moderne pour son époque, post règne de la Reine Victoria (1838-1901). Style épuré, vitraux colorés, une grande pièce principale, elle rappelle les lofts actuels. Une modernité qui choquera quelques personnages présents dans ce premier épisode. Autre point novateur, et non des moindres : la signature d’un contrat. Alors que les maris, juridiquement, ont tous les droits et leurs épouses aucuns, Julia signe seule ce document concernant la construction de la maison, sans concerter William. Contrat qu’elle ne lit pas, omettant de cette manière les “obligations” autour de l’achat de ladite maison, œuvre d’un éminent architecte américain. Enfin, les magnifiques costumes, très colorés cette année, en particulier ceux de Ruth Newsome : ils sont l’œuvre de Joanna Syrokomla. Concernant ceux de Julia et Miss Hart, ils sont crées à partir de marques actuelles (Forever 21 pour Ogden, et Zara pour Hart). Finalement, la mode de 1906 n’est pas si éloignée de celle de 2017-2018 ! Même si les actrices reconnaissent que les costumes de Murdoch Mysteries ne sont pas confortables. Cette saison 12 se veut résolument moderne et marque une rupture avec les précédentes.

Des personnages en constante évolution. William Murdoch (Yannick Bisson) est moins enjoué. S’il reconnaît à demi-mots qu’il n’apprécie pas son nouveau pied-à-terre, il semble porter sur ses épaules les épreuves vécues. Ou est-ce seulement cette nouvelle enquête qui gâche sa première entrée dans la demeure, puisque l’homme assassiné est étroitement liée au manoir ? Julia Ogden (Hélène Joy), de son côté, est tournée vers l’avenir. Romantique, avenante, suggestive, elle entend bien baptiser à sa manière son nouveau lieu de vie ! Professionnellement, elle s’apprête à devenir chirurgienne, même si elle officie toujours en tant que légiste de Toronto. Son assistante, Miss Hart (Shanice Banton), n’a pas dévoilé son jeu et apparaît encore comme une manipulatrice et une menace. La méfiance autour de ce personnage est telle que Brackenreid (Thomas Craig) s’en mêle. Est-elle responsable, de quelque manière que ce soit, de la fausse couche de Julia l’an dernier ? Déterminé, le Commissaire ne la laissera pas ruiner le bonheur des personnes qu’il aime. Mais à regrets, Watts (Daniel Maslany) est toujours en retrait, aucunes storylines ne le concernant, et Crabtree (Jonny Harris) se retrouve célibataire après le départ de Nina Bloom (Erin Agostino ; il est décidément malchanceux en amour). Miss Cherry (Bea Santos) sème, comme à son habitude, la pagaille dans les enquêtes en cours de Murdoch. Elle n’a jamais là où il faut et prend un malin plaisir à rédiger des articles à scandale dans le journal de la ville. Un personnage tire son épingle du jeu, celui de Ruth Newsome (Siobhan Murphy). Elle est plus impliquée, du fait de sa situation amoureuse. Un développement de son personnage est ainsi attendu. Ces personnages sont campés par d’excellents acteurs qui leur donnent une belle présence dans la série.

Le manoir des Murdoch serait-il hanté ? Une chose est certaine, Murdoch Mystery Mansion est un Season Premiere réussi, savamment orchestré par une belle distribution et des artistes de l’ombre fantastiques ! Les fabuleuses aventures murdochiennes se poursuivent la semaine prochaine, sur CBC.

Murdoch Mysteries (Murdoch Mystery Mansion), un épisode réalisé par Gary Harvey • Une série créée par R.B. Carney, Cal Coons, Alexandra Zarowny, d’après les personnages des romans de Maureen Jennings • Avec Yannick Bisson, Hélène Joy, Thomas Craig, Jonny Harris, Daniel Maslany, Lachlan Murdoch, Siobhan Murphy, Shanice Banton, Bea Santos, Aaron Poole, Sophie McShera… • 45 minutes • Diffusion sur CBC le 24 septembre 2018. Diffusion française prochaine.

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