Cinéma : La promesse de l’aube, la promesse de l’ennui


Cinquième long d’Éric Barbier, La promesse de l’aube réunit à l’écran Pierre Niney, Charlotte Gainsbourg, Didier Bourdon et Jean-Pierre Darroussin. Une distribution particulièrement alléchante. Drame biographique autour de la vie de Romain Gary, le film est actuellement au cinéma.

De son enfance difficile en Pologne en passant par son adolescence sous le soleil de Nice, jusqu’à ses exploits d’aviateur en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale, Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. Mais cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui un des romanciers majeurs du XXème siècle, à la vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Mais cet amour maternel sans bornes sera aussi son fardeau pour la vie…

Récit biographique, La promesse de l’aube retrace la vie de Romain Gary, auteur reconnu (il est le seul romancier à avoir obtenu deux prix Goncourt, sous deux pseudonymes différents, Romain Gary et Émile Ajar, ndlr). Adaptation du roman éponyme édité pour la première fois en 1960, l’œuvre d’Éric Barbier avait un fort potentiel. Pourtant, le meilleur du film réside en l’affiche, très visuelle et finement travaillée, et la distribution quatre étoiles.

Le film en lui-même est une bonne idée : narrer les débuts sombres d’un grand romancier français permet de rendre accessible une littérature souvent laissée de coté. Mais le résultat est lent : l’histoire passionnante se mue en narration étouffante, en partie à cause de la voix off continue. De leur côté, les acteurs excellent. Charlotte Gainsbourg signe une prestation remarquable, si bien qu’elle en est horripilante. Un paradoxe. Son personnage est agaçant, tant il prive de liberté le personnage principal. Elle est une sorte de dictateur dans la vie de Roman. Elle le domine. Ainsi, elle pousse l’énervement à son paroxysme. Autre personnage essentiel, la musique. Présente du début à la fin, elle accompagne Roman tout au long de sa vie. Parfois matérialisée, elle est un compagnon de route, mais aussi un regret. Quant à la réalisation, elle sauve le (trop) long métrage. Le cinéaste alterne les angles, remplaçant parfois les yeux des personnages par sa caméra. Le cadre s’adapte aux situations, appuie les émotions, sans pour autant entrer dans le pathos. Éric Barbier est parvenu à faire de ce film un drame non larmoyant.

Malgré des atouts indiscutables, La promesse de l’aube ennuie. Un résultat qui masque la qualité du film. À regret…

La promesse de l’aube, un film d’Éric Barbier, d’après le roman éponyme autobiographique de Romain Gary • Avec Charlotte Gainsbourg, Pierre Niney, Didier Bourdon, Jean-Pierre Darroussin, Catherine McCormack, Finnegan Oldfield, Pawel Puchalski, Nemo Schiffman… • 2h11 • Sortie le 20 décembre 2017.

La promesse de l'aube

0.00
7.8

Réalisation

9.5/10

Scénario

5.5/10

Dialogues

6.0/10

Interprétation

10.0/10

Pros

  • Une bonne idée de départ
  • Une réalisation réussite
  • Une interprétation sans failles

Cons

  • Trop long
  • Trop lent
  • Une voix off gênante

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