Cinéma : Plonger, entre amour, création et désillusions


Plongez dans l’univers de l’art ! Sur fond d’amour passionnel, le public assiste à la naissance d’une famille, rongée par les non-dits et la création dévastatrice. Une œuvre profonde, délicate, signée Mélanie Laurent. Actuellement au cinéma.

Lorsque César rencontre Paz, une jeune artiste, c’est le coup de foudre. Mais l’arrivée imminente de leur enfant attriste la jeune femme, qui se sent comme enfermée entre quatre murs. Elle décide de tout quitter afin de retrouver l’inspiration. Commence alors une descente aux enfers…

Attendu après une jolie performance à Toronto lors du TIFF (Toronto International Film Festival, Ontario, Canada), Plonger dresse le bilan post-mortem d’une relation amoureuse et ses conséquences sur l’inspiration artistique. Ou peut-être le contraire : l’effet pervers d’une absence d’inspiration sur une relation entre un homme et une femme. Autant dire que chacun peut avoir une lecture différente de ce film inclassable. D’autres peuvent passer à côté de la métaphore autour du requin : s’il ne bouge plus, c’est qu’il est mort. Comme Paz si elle reste inactive, d’où son départ précipité. Une vie en accéléré qui permet de découvrir des lieux superbes. Mélanie Laurent fait voyager le public en Bretagne, en Espagne et au Sultanat d’Oman. Ces beaux décors naturels, tout comme l’ensemble du long métrage, sont magnifiés par une esthétique particulièrement soignée. Quant aux prises de vue sous-marines, elles sont bluffantes. Chaque plan est étudié, la cinéaste ne laisse rien au hasard. Une pointe de musique s’ajoute aux images, sans pour autant écraser l’environnement sonore dans lequel évoluent les protagonistes. Des longueurs peuvent nuire à l’ensemble, mais le résultat final est digne des plus grands. Un film n’est rien sans ses acteurs, et ces derniers sont touchants dans leurs rôles respectifs. Gilles Lellouche émeut les spectateurs en père délaissé et amant abandonné. Maria Valverde illumine le film, donne le ton, malgré la partition dramatique de son rôle. Marie Denarnaud déconcerte en amie égoïste ne sachant pas gérer ses émotions. Noémie Merlant est adorable en artiste engagée. Thomas Solivéres et Albert Delpy complètent ce casting quatre étoiles. Tous émerveillent, agacent, partagent leurs sentiments avec brio.

Le 4ème long métrage de Mélanie Laurent est d’une beauté rare, avec des acteurs justes. Dommage que le film souffre de quelques longueurs qui auraient pu être évitées. Malgré cela, Plonger est une ode à la création, à l’inspiration. N’hésitez pas à vous faire une toile entre amis ou en famille !

Plonger, un film de Mélanie Laurent, d’après le roman éponyme de Christophe Ono-dit-Biot • Avec Gilles Lellouche, Maria Valverde, Ibrahim Ahmed “Pino”, Marie Denarnaud, Noémie Merlant, Thomas Solivéres, Albert Delpy… • 1h42 • Sortie le 29 novembre 2017.

Plonger

Plonger
9.4

Réalisation

10.0 /10

Scénario

9.5 /10

Dialogues

8.0 /10

Interprétation

10.0 /10

Pros

  • Une ode à la création
  • Des acteurs touchants
  • Des paysages époustouflants
  • Une esthétique soignée

Cons

  • Quelques longueurs

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